Les blasphèmes ne violent pas les normes de la radiotélévision à moins qu’ils ne soient haineux, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 21 août 1998 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant la diffusion par The Comedy Network, le 10 janvier 1998, d’une émission spéciale de l’humoriste Bill Maher. Un téléspectateur s’est plaint des « blagues blasphématoires » qui y étaient contenues.

Le Conseil régional de l’Ontario du CCNR a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Le Conseil a d’abord étudié la question des blasphèmes, pour conclure :

Il se peut que l’Église ait des opinions ou des définitions strictes et conservatrices des termes « blasphème », « profane » et « irrévérencieux », mais ce ne sont pas celles que retiennent le CCNR pour définir les normes de radiotélévision. Pour s’acquitter de cette tâche, le Conseil part, comme toujours, du principe que la liberté d’expression s’avère le fondement des droits des radiodiffuseurs. En effet, depuis l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, ce principe est au cœur même de tout discours canadien.

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Le CCNR estime que le seul fait d’énoncer des blasphèmes ne constitue pas une violation du Code de déontologie de l’ACR. Il faudrait que les blasphèmes soient haineux et non simplement des commentaires irrévérencieux, ainsi qu’abusivement discriminatoires, et non seulement impies ou irréligieux. En cette fin de 20e siècle, le CCNR s’attend à ce que les humoristes aient le droit de remettre en question la tradition de même que les valeurs formelles et possiblement dépassées sans contrevenir, pour cette seule raison, aux normes canadiennes de radiodiffusion.

Par ailleurs, d’après le Conseil, le numéro de l’humoriste n’a pas enfreint aux dispositions des droits de la personne inscrites dans ce code.

De fait, lorsque les blagues sont analysées une par une, elles n’atteignent même pas, selon le Conseil, un niveau qui peut être qualifié de méprisant et encore moins de haineux. Elles contiennent indéniablement une certaine irrévérence, mais celle-ci est faite en plaisantant, et non sévèrement. Elle est désinvolte et informelle, sans être irrespectueuse.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto-réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.