Les émissions qui chevauchent la plage des heures tardives sont assujetties aux règlements concernant cette période, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 14 mars 2002 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion du long métrage, The House of the Spirits. Ce film d’une durée de deux heures est basé sur le livre qui porte le même nom écrit par Isabel Allende. Sa présentation a commencé à 20 h 30 HNE à l’antenne du service de spécialisé Bravo! Quoique la grande majorité du film a été diffusée après le début de la plage des heures tardives, soit 21 h 00, le Comité national des services spécialisés du CCNR a statué qu’une émission qui commence avant le début de cette période sera considérée comme étant une émission présentée avant le début de la plage des heures tardives en ce qui concerne les dispositions du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision sur la présence de scènes de violence, de scènes d’activité sexuelle ou de langage grossier. Le Comité a expliqué sa position quant aux

émissions qui chevauchent la plage des heures tardives, qu’elles commencent avant cette période ou qu’elles se terminent après cette période, dont le contenu est destiné à un auditoire adulte et qui ne devrait pas par conséquent passer avant le début de la plage des heures tardives. [...] Le Comité doit déterminer si le télédiffuseur serait « protégé » par le principe de la plage des heures tardives si les scènes qui pourraient être estimées exclusivement destinées à un auditoire adulte ne paraissaient qu’après la limite de 21 h 00. Il conclut que ce n’était pas l’intention des rédacteurs du Code et que l’adoption d’un tel principe rendrait les dispositions se rapportant à la plage des heures tardives trop floues pour être utiles. Cela ne saurait servir les intérêts du public ou des télédiffuseurs. [...] Les parents ont acquis le droit de se sentir en sécurité concernant ce que leurs familles et euxmêmes peuvent voir au petit écran avant cette heure limite. Le Comité est d’avis qu’une fois que les parents ont choisi leur émission en prenant pour acquis que la programmation offerte par le télédiffuseur avant l’heure limite est exempte de contenu destiné aux adultes, ils ont droit à pouvoir compter sur ce choix sans se faire renverser par un revirement sur le plan du contenu qui s’effectue à un certain point pendant le déroulement de cette émission.

Malgré ses conclusions concernant la question de la plage des heures tardives, le Comité n’a pas, en fin de compte, statué que les scènes présentées dans The House of the Spirits étaient destinées à un auditoire exclusivement adulte. Il a reconnu que les scènes de viol et de torture étaient troublantes et ne convenaient pas aux enfants, mais qu’elles ne sont pas suffisamment explicites pour qu’il soit obligatoire de les présenter après 21 h 00. Par conséquent, le Comité n’a pas trouvé que Bravo! avait enfreint un quelconque des codes visant les radiotélédiffuseurs.

Le Comité a également souligné qu’il incombe aux téléspectateurs de se servir des outils que leur fournissent les télédiffuseurs pour les aider à faire un choix éclairé :

Il ne serait pas raisonnable de conclure que les téléspectateurs devraient faire fi de leur responsabilité de profiter pleinement de ces aides. Il se peut qu’il s’agisse d’une question de temps et de moyens efficaces de sensibiliser le public aux médias, mais c’est une responsabilité qu’ils doivent assumer. Les télédiffuseurs ont toujours leurs propres obligations en ce qui concerne la plage des heures tardives et d’autres normes découlant des codes, mais les téléspectateurs doivent faire leur part en se servant des moyens que leur ont fourni les télédiffuseurs pour choisir leurs émissions.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radiotélévision (ACDIRT). Plus de 500 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu'il administre sont affichés sur son site Web, à www.ccnr.ca, où l'on a aussi accès à ses rapports annuels, à d'autres documents et renseignements pertinents, aux sites de ses membres et à d'autres sites d'intérêt. Pour plus de renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.