L’humour politique de Piment Fort ne contrevient pas aux normes de radiodiffusion

Ottawa, le 27 août 1998 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant une émission humoristique diffusée par CFTM-TV (TVA), le jeu télévisé Piment Fort. Une téléspectatrice anglophone s’est plainte qu’un segment de l’émission en question fomentait la haine envers les Anglophones, en prétendant : « On demanda à un des invités quel était son plus grand rêve, lequel répondit : “De voir tous les Anglos disparaître” ».

Le Conseil régional du Québec a examiné cette plainte à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Le Conseil a conclu que le télédiffuseur n’a pas enfreint à la disposition des droits de la personne du Code. Le Conseil est d’avis que la compréhension de la langue française « peu[t] très bien avoir modifié la perception du programme chez la plaignante », dans la mesure où ce segment de l’émission portait sur des manchettes et non sur des rêves, des vœux ou des désirs. Par ailleurs, la traduction de la téléspectatrice et, par conséquent, sa perception de la manchette, étaient inexactes. Le Conseil a affirmé :

La troisième manchette, celle qui a offusqué la téléspectatrice, était : « Anglophones en voie de disparition [au Québec]? ». La réponse, le seul mot anglais «Yes», constituait évidemment une référence au référendum de 1995. Bien que le mot « anglophone » ait été employé, le jeu de mots, selon le Conseil régional du Québec, ne s’avérait être qu’une amusante pointe politique, faite sans malice, et non une diatribe raciste. Cette opinion fut renforcée par les références subséquentes sur le Canada comme pays généreux, à tel point, de fait, qu’il était même prêt à donner Jean Chrétien. Bref, le Conseil régional du Québec considère que le jeu de mots sur la manchette portant sur les Anglophones qui quittent le Québec n’outrepasse pas le critère du propos raisonnable.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto-réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.