Midnight Express n’est pas abusivement discriminatoire, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 30 août 1999 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant la présentation du long-métrage Midnight Express par la chaîne History Television. Il s’agit de l’histoire vécue de Billy Hayes, un jeune Américain incarcéré dans une prison turque pour trafic de drogues. Des téléspectateurs se sont plaints que [traduction] « le film est tout à fait raciste » et qu’il constitue [traduction] « une attaque générale sur l’ensemble du peuple turque ».

Le Conseil régional de l’Ontario a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Le Conseil n’a trouvé aucun manquement au Code. Le Conseil reconnaît que « le portrait des forces de l’ordre turques qui est brossé [dans le long-métrage] n’est pas très flatteur »; toutefois, il n’a pas trouvé que « les remarques incontestablement négatives sur le peuple turc » sont abusivement discriminatoires et donc a conclu qu’elles ne violent pas le Code de déontologie. Il a noté que les remarques de « Billy Hayes doivent être interprétées selon un cadre circonscrit, même si Hayes leur confère un caractère généralisant ».

Il est clair que les seuls Turcs que Hayes est en droit d’évaluer sont ceux qui le maltraitent le plus, nommément, les représentants du système judiciaire et pénal. Le directeur du film, Alan Parker, les dépeint comme étant des brutes, mais il demeure que le téléspectateur n’a de contacts qu’avec eux. Ni le scénariste, ni le directeur, ni les personnages du film ne proposent un jugement quelconque sur les Turcs ou sur la Turquie. L’histoire en est une d’injustice pénale. Lorsque Billy Hayes hurle, dans la salle d’audience, [traduction] « Je vous déteste, je déteste votre nation, je déteste votre peuple », c’est qu’il est furieux contre, et aigri par, la longueur de la peine qu’on vient de lui annoncer, lui qui espérait être libéré dans 53 jours. Qu’il invective ainsi ce pays et son peuple ne signifie pas pour autant que le film ou le télédiffuseur soient coupables d’avoir endossé une généralisation aussi extrême. Le contexte est une prison et non un pays. Le film est un drame et non un documentaire. En outre, dans le but d’éviter toute fausse interprétation potentielle, le télédiffuseur a eu la prévenance et la prudence de doter Midnight Express d’une introduction et d’une conclusion responsables. Le Conseil est d’avis que les remarques discriminatoires ne visent ni le peuple ni la nation turcs. Les propos acerbes et discriminatoires se limitent à des injustices perpétrées par des geôliers, des avocats et des juges. Par ailleurs, le jugement du système carcéral s’avère un point de vue politique légitime qui est protégé par la liberté d’expression et par la liberté artistique; aussi n’enfreint-il pas aux codes de radiotélédiffusion.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de la radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, d’un code portant sur les stéréotypes sexuels et d’un code portant sur la violence à la télévision auxquels les membres de la profession doivent souscrire. En 1990, ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’autoréglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques créé par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision du Canada (ACDIRT), en 1970. Plus de 430 stations de radio et de télévision à travers le Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les hyperliens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles dans le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.