Ni les remarques de l’animateur, ni la chanson n’enfreignent le Code, selon le Conseil des normes

Ottawa, le 23 juin 2000 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a fait connaître aujourd’hui sa décision concernant un épisode de l’émission matinale de CJKRFM (Winnipeg), au cours duquel l’animateur a passé des remarques sur un décret très ancien du gouvernement chinois interdisant tous les animaux domestiques. Ces remarques ont été suivies d’une parodie en chanson sur les restaurants chinois servant du chat à la place du poulet, du boeuf, du poisson ou du porc. Un auditeur s’est plaint de l’émission qu’il disait “ne pas tenir compte des différences culturelles et contribuer à la perpétuation de stéréotypes et à la déshumanisation”.

Le Conseil régional de l’Ouest a examiné l’affaire à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs. Il n’a constaté aucune violation du Code. À son avis, la juxtaposition des remarques de l’animateur et des paroles de la chanson “ne visent pas du tout le peuple chinois”; il s’agit plutôt de “propos concernant indirectement le gouvernement chinois, mais portant surtout sur les restaurants chinois”, qui, ni l’un ni l’autre, ne sont protégés par les dispositions relatives aux droits de la personne que renferme le Code. Le Conseil a déclaré :

La suggestion “ humoristique” qui précède peut sembler outrageante et de mauvais goût. Dans ce dernier cas, comme le Conseil l’a signalé à maintes reprises, l’auditeur a toujours la possibilité de fermer la radio. Pour ce qui est de l’autre cas, le Conseil signale que les dispositions de protection des droits de la personne prévues dans le Code n’englobent pas la profession ou l’emploi et que le fait d’être un restaurateur chinois ou tout autre genre d’ homme ou de femme d’affaires d’une autre origine ethnique ne donne droit à aucune protection particulière, pas plus que ne le faisait celui d’être un policier dans l’affaire de CKLZFM (Décision du CCNR 94/95-0113 rendue le 18 décembre 1996 au sujet des remarques de l’animateur).

Le Conseil donne également la réplique au plaignant, qui s’est étonné du fait que l’organisme gouvernemental chargé de superviser toutes les activités de la radiotélévision au Canada, en l’occurrence le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), ait renvoyé sa plainte au CCNR, “un organisme créé pour faire la police de ceux mêmes qui le financent.” D’après le Conseil,

le CRTC tient l’autoréglementation pour très importante [...] L’autoréglementation est, en fait, une méthode très répandue chez des professionnels de toutes sortes, notamment les médecins, les avocats et les comptables, dont les associations ont constitué un organisme chargé d’être la police de la profession et de veiller à la prestation d’un service respectant des normes rigoureuses à la clientèle visée. D’autre part, le CCNR n’a aucune réticence à souligner qu’il a rendu des centaines de décisions, d’ailleurs toutes affichées à son site Web, dont beaucoup sont défavorables aux radiotélédiffuseurs et démontrent sans équivoque qu’il est capable de rendre des décisions qui ne sont pas influencées par ceux qui le financent.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent que leurs collègues les respectent. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu’administre le Conseil sont affichés à son site Web, à www.ccnr.ca, où l’on a aussi accès à d’autres renseignements pertinents, ainsi qu’aux sites des membres du Conseil et à d’autres sites d’intérêt. Pour de plus amples renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.