Reportage de BCTV sur des enfants en famille d’accueil, exact et dans l’intérêt public selon le Conseil des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 7 juin 2000 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a fait connaître aujourd’hui sa décision concernant un reportage de CHANTV (BCTV de Vancouver) au sujet de deux enfants, âgés de 10 et 12 ans, que le ministère de l’Enfance et de la Famille de la Colombie-Britannique, a retirés de leur famille d’accueil contre leur gré et contre celui de leurs parents d’accueil. Le directeur du Service provincial de protection de l’enfance a objecté au sujet du reportage présenté au bulletin de 18 heures qu’« on n’agissait manifestement pas dans l’intérêt des enfants en les faisant passer à la télévision » et « que violer ainsi le droit de ces enfants à leur intimité pour faire un reportage sensationnel et partial va à l’encontre des normes sociétales en ce qui a trait à la présentation des nouvelles ». Le Conseil régional de la Colombie-Britannique a examiné sa plainte à la lumière du Code d’éthique de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Il estime que le reportage en cause n’enfreint pas les normes de la radiotélévision et qu’il était, en fait, exact et dans l’intérêt public. D’expliquer le Conseil :

Il ne s’agissait pas simplement de propos cancaniers ou « téléromanesques ». Deux adultes, à qui, pendant 36 ans, on n’avait rien eu à reprocher comme parents d’accueil, se voyaient enlever des enfants qu’ils avaient élevés depuis que ceux-ci étaient tout petits. D’après le reportage, il semblait incontestable que la séparation était involontaire. De plus, cette séparation était imposée à peine dix jours avant le début de la période des Fêtes. Dans les circonstances, il est difficile de voir comment n’importe quelle personne sensée aurait pu ne pas juger le reportage très évidemment dans l’intérêt public. Qui plus est, sans même tenir compte des particularités de l’affaire, on pouvait supposer le public généralement intéressé à être mis au courant des mécanismes gouvernementaux susceptibles de mener à un résultat apparemment si injuste.

Quant à l’exactitude du reportage, il ne peut également y avoir aucun doute que l’affirmation du journaliste selon laquelle ni les parents ni les enfants ne souhaitaient être séparés n’aurait, à elle seule, jamais eu le poids du « témoignage » rendu par la présence des enfants et des parents à l’écran.

Pour ce qui est d’interviewer des enfants,

Le Conseil estime que, dans l’affaire à l’étude, on n’a ni contraint les enfants ni trompé leur confiance. Au contraire, tout porte à croire que ceux-ci souhaitaient qu’on présente aussi leur point de vue. Sinon, le reportage n’aurait sans aucun doute pas été aussi digne de foi. Il était essentiel de montrer au public que ce n’était pas seulement une affaire de conflit d’opinions entre adultes, soit, d’une part, ceux qui désiraient ardemment garder les enfants dans leur famille d’accueil et, d’autre part, ceux qui voulaient les leur retirer. C’était, après tout, l’histoire des enfants et de leur désir de demeurer avec leurs parents. Personne ne pouvait mieux qu’eux attester cet aspect de l’affaire. Le Conseil juge qu’on a obtenu leur consentement de façon valable et convenable.

Le Conseil signale également qu’« on ne peut guère considérer d’importance secondaire le fait que les autorités se sont vu offrir la possibilité de prendre l’antenne pour expliquer leur point de vue » et qu’elles ont refusé.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent que leurs collègues les respectent. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu’administre le Conseil sont affichés à son site Web, à www.ccnr.ca, où l’on a aussi accès à d’autres renseignements pertinents, ainsi qu’aux sites des membres du Conseil et à d’autres sites d’intérêt. Pour de plus amples renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.