Segment divulgateur sur les couples échangistes : le Conseil des normes de la radiotélévision estime qu’il était diffusé trop tôt

Ottawa, le 28 février 2001 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a rendu sa décision aujourd’hui concernant un segment d’un épisode de W-Five sur les couples échangistes que CTV a diffusé à 20 h 30 à Halifax. Le segment portait sur la réapparition, au Canada, du style de vie adopté par les couples échangistes. On y montrait l’expérience de deux couples par le biais d’interviews où ces personnes étaient habillées et de séquences vers la fin du segment les montrant sur le point d’interagir sexuellement. Même si le segment ne contenait pas d’activité sexuelle explicite, il contenait des scènes suggestives révélant les fesses des hommes et les seins des femmes. Il était précédé de l’avertissement qui suit de la part de l’animateur lui-même, avertissement qui a également été répété vers le milieu de l’émission : « Nous avertissons les téléspectateurs que le sujet de cette émission est destiné aux adultes. » Un téléspectateur s’est plaint qu’il était « tout à fait mal à propos de diffuser ce segment dans le créneau choisi pour l’émission. »

En ce qui concerne la présentation des hommes et des femmes, le Comité régional de l’Atlantique a trouvé que le segment « n’était pas exploitant pour ce qui est de la présentation d’un ou de l’autre sexe, et ne contenait rien qui pourrait mener à la conclusion que le segment contient quoi que ce soit de négatif ou de dénigrant à l’endroit des hommes ou des femmes en général. »

Le Comité s’est ensuite penché sur la question de savoir si le sujet abordé par le segment était destiné aux adultes, selon les dispositions sur la mise à l’horaire que renferme le Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision. Même si l’émission fait partie de la catégorie des nouvelles et des affaires publiques, le Comité, ayant étudié les décisions antérieures du CCNR au sujet de la présentation de seins nus avant l’heure limite, a adopté la conclusion suivante : « il ne fait aucun doute que le contenu du segment va audelà des seins nus présentés dans le long métrage Strip Tease. » De l’avis du Comité,

Dans le cas qui nous occupe, on montre des fesses et des seins nus précisément parce qu’ils se rapportent à l’activité sexuelle. En effet, ce lien est clairement établi par le biais de la discussion de cette activité par les tierces parties et par les participants euxmêmes. Les scènes de «tripotage » sur la piste de danse, de prélude dans la cuve thermale et du coucher démontrent clairement au téléspectateur que la nudité présentée lui est présentée dans un contexte sexuel. Le Comité n’estime pas nécessaire que le but du réalisateur de l’émission soit de titiller. Le lien entre la nudité et l’activité sexuelle est suffisamment établi pour que cela suffise.

Ayant conclu que le segment est destiné aux adultes, le Comité n’a eu aucune difficulté à décider que sa diffusion avant l’heure limite viole les dispositions pertinentes du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision sur les horaires des émissions. Pour ce qui est de l’exception prévue par le Code pour l’importation des signaux canadiens éloignés, le Comité a déclaré :

Il doit être clairement établi, et ce pour les télédiffuseurs et le grand public, que l’exception prévue au Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision au sujet de l’importation de signaux canadiens éloignés ne s’applique qu’au fuseau horaire d’où provient le signal et non au fuseau horaire d’ou provient la programmation. Autrement dit, la différence réside d’un côté dans la transmission d’un signal provenant de deux ou trois fuseaux horaires ou plus à un instant vers un auditoire plus vaste, et de l’autre côté dans la simple livraison au télédiffuseur d’une émission (par satellite, par cassette ou par d’autres moyens) qui n’est pas asservie au temps et pour laquelle le télédiffuseur transmettra ensuite le signal à son auditoire local. Dans le premier cas, le Code protège l’entité qui fournit le signal à l’origine, mais dans le deuxième cas le Code n’offre pas cette protection.

Dans la présente affaire, le Comité a accepté que l’émission avait son origine à Toronto où elle a été présentée à 22 h 30; toutefois dans la région de l’Atlantique le segment visé a été diffusé vers 20 h 30, soit avant l’heure limite et par conséquent en violation du Code.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant l’emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l’homme, à la télévision et ils s’attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 460 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

– 30 –

Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu’il administre sont affichés sur son site Web, à , où l’on a aussi accès à ses rapports annuels et à d’autres documents et renseignements pertinents, ainsi qu’aux sites de ses membres et à d’autres sites d’intérêt. Pour plus de renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.