Selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision, les radiodiffuseurs devraient faire preuve de plus de prudence lorsqu’ils associent le sexe à des crimes dans les émissions d’information

Ottawa, le 29 juillet 1998 - Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant le topo diffusé par Global TV qui portait sur la controverse entourant la disposition du Code criminel dite « donnant une lueur d’espoir ». Le reportage était d’actualité étant donné l’approche de la demande de liberté conditionnelle anticipée du criminel célèbre, Clifford Olson, lequel le journaliste décrivait comme « servant une peine ą vie pour les meurtres ą caractère sexuel [sex slayings] de onze enfants. » Une téléspectatrice s’est objectée ą l’utilisation des mots « meurtres à caractère sexuel », affirmant que les crimes « avaient peu ou rien à voir avec le sexe » et que « l’explication trop simpliste de ce que commettent ce genre de criminels » passait à côté de la question.

Le Conseil régional ontarien du CCNR a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Le conseil a noté que l’expression « meurtres sexuels » était employée une seule fois dans le reportage de deux minutes et demie et a conclu que, en général, ce reportage était « sobre et responsable... et [présenté] avec exactitude, d’une manière objective, complète et impartiale, tel que requis par le Code de déontologie ». Toutefois, le conseil, n’étant pas indifférent aux inquiétudes de la plaignante, a trouvé approprié de commenter l’utilisation du terme « sexe » dans le cadre de reportage de crimes physiques.

...Le conseil considère qu’il existe un message important dans la plainte qui surpasse les simples considérations techniques de manquements au Code et qui, de toute évidence, était la question fondamentale de la plaignante. Ses préoccupations portaient sur la question générale de l’utilisation du mot « sexe » dans des reportages de crimes où il y avait eu viol, meurtre et autres formes de violence contre les femmes [sens qui, vraisemblablement, pourrait comprendre les hommes et les enfants des deux sexes]. Les membres du conseil sont d’accord avec la plaignante qu’il peut y avoir tendance, dans les médias, d’employer le terme « sexe » de façon adjectivale lors de reportages de crimes dont la nature n’est pas essentiellement sexuelle, mais qui implique plutôt un abus de pouvoir. Pour le conseil, la question n’en est pas une de grammaire mais bien de volonté, même si celle-ci est souvent non-intentionnelle, de lier « sexe », une activité sociale généralement acceptable, avec des crimes physiques allant de voies de fait au meurtre, qui ne le sont pas. Le conseil estime que les radiodiffuseurs devraient faire preuve de plus de prudence lorsqu’ils associent les deux.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto-réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.