Un reportage sur le congédiement d’un Père Noël de centre commercial ne contrevient pas aux normes de radiodiffusion

Ottawa, le 28 août 1998 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant un topo, diffusé le 15 décembre 1997 par CHEK-TV (Victoria), qui portait sur des actes inappropriés d’un Père Noël de centre commercial. Le CCNR a reçu une plainte du Père Noël en question ainsi que d’un membre désintéressé de l’auditoire. Tous deux considéraient que le reportage de CHEK-TV était biaisé et monté de façon malicieuse par le télédiffuseur/journaliste.

Le Conseil régional de la Colombie-Britannique a examiné cette plainte à la lumière du Code d’éthique (journalistique) de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Il a conclu que le télédiffuseur n’avait enfreint aucune disposition de ce code. Ayant également eu l’occasion inhabituelle de visionner les séquences brutes qui ont servi au reportage, le Conseil a trouvé « qu’il était hors de tout doute que les séquences télévisuelles du reportage final aient été rafistolées de façon à donner une impression qui ne reflétait pas les faits réels ». Le Conseil a conclu que :

Bien que la journaliste aurait pu choisir de présenter cette histoire de façon à ne pas montrer le Père Noël se couvrant l’aine, elle n’était obligée par aucun critère de le faire. C’était, après tout, M. Turner qui a choisi de se couvrir l’entrejambes; il n’existe aucune allégation à l’effet que quiconque l’aurait invité à le faire. Dans sa lettre du 23 décembre, M. Turner reconnaît la naïveté inhérente de ce geste. Sa décision de se couvrir l’entrejambes en présence de caméras de télévision n’était certainement pas judicieuse puisque ce geste l’exposait au risque que de telles séquences pourraient être captées et utilisées. La journaliste n’a peut-être pas fait preuve de courtoisie en construisant ainsi son topo, mais il est parfaitement clair que M. Turner a créé pour elle une occasion qui demandait, voire qui exigeait, de se faire exploiter. Le lien qu’a créé l’enchaînement de ce reportage où il était question d’entrejambes, avec l’histoire précédente, qui a pris une envergure nationale et qui, apparemment, avait également comme sujet l’entrejambes et en particulier un coup de pied au sexe, est évident. Il est regrettable que Turner ait créé cette situation dans la mesure où les autres segments qui le montrent jouant le Père Noël laissent entrevoir que celui-ci jouait bien son rôle. Par ailleurs, tel qu’affirmé par le plaignant, M. Turner n’est pas de ceux qui font régulièrement affaire aux médias et dont « les actions sont de toute évidence plus circonspectes ». Le Conseil estime, cependant, que l’angle privilégié par ce reportage ne reposait pas, en bout de piste, sur « un habile travail d’édition ». L’angle était évident étant données les circonstances, celles-ci n’ayant pas été créées par le radiodiffuseur.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto-réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.