Un reportage sur les « drogues du viol » n’est pas injuste à l’endroit des hommes, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 24 février 1999 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant un reportage sur des « drogues du viol », lequel a été diffusé dans le cadre de l'émission d'affaires publiques bien connue de CTV, W5. Un téléspectateur a dénoncé le reportage comme étant biaisé à l’endroit de l'ensemble des hommes parce qu'il présentait [traduction] « une représentation stéréotypée injuste et négative des hommes en laissant entendre que tous les hommes utiliseraient (potentiellement) des drogues afin de pouvoir commettre un viol ».

Le Conseil régional de l'Ontario a examiné la plainte à la lumière du Code d'application concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il n'a trouvé aucune violation du Code. Le Conseil a indiqué que le plaignant avait mal représenté ce qui avait été dit dans le reportage. Celui-ci affirmait que la journaliste avait demandé à une victime d'agression sexuelle [traduction] « comment elle pouvait ne pas 'détester tous les hommes' ». Le Conseil, toutefois, a trouvé « à la fois équilibrée et raisonnable » la question qui a été posée à la personne interviewée par la journaliste : [traduction] « Comment établissez-vous l'équilibre entre être prudente et ne pas détester l'ensemble des hommes ? ». Le Conseil a trouvé que « la question telle que posée était réfléchie et appropriée dans le contexte de ce reportage et était loin d'enfreindre les dispositions du Code d'application concernant les stéréotypes sexuels.

En outre, le fait que le reportage de W5 rapporte des incidents inappropriés, voire criminels, commis par certains hommes, ne signifie pas pour autant que le reportage faisait la promotion ni ne conférait la haine à l’endroit de tous les hommes, contrairement à ce que le plaignant semble affirmer. Le Conseil considère plutôt que le reportage a tenté de comprendre ce que pouvaient ressentir les femmes traumatisées par ce produit pharmaceutique insidieux utilisé pour des fins d'agression sexuelle. Il est également évident, selon le Conseil, que CTV a fait des pieds et des mains pour s’assurer que le reportage ne dépeignent pas les hommes dans leur ensemble de façon négative, en accordant une attention particulière à une campagne lancée par un étudiant de sexe masculin de l'université McGill et qui avait comme objectif de sonner l'alarme quant à cette drogue dangereuse.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.