Une émission religieuse traitant de l’homosexualité n’a pas en cette occasion franchi la limite de l’acceptable, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 31 août 2001 Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié sa décision aujourd'hui concernant la diffusion par CFYIAM (Toronto) de la troisième et dernière partie d'une série intitulée « Hope for the Homosexual » [« Espoir pour l'homosexuel »], série qui s'inscrit dans l'émission religieuse américaine Focus on the Family. Une plainte fut déposée par un auditeur qui a trouvé « extrêmement offensant, préjudiciable et empreint de bigoterie la description qu'il donne des gais et lesbiennes dans le cadre de cet épisode ».

Le Comité régional de l'Ontario a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il a passé en revue les décisions antérieures du CCNR qui portait sur le traitement réservé aux gais et lesbiennes, se penchant en particulier sur une décision dans laquelle une diffusion albertaine de Focus on the Family avait été trouvée en infraction. Il a souligné que :

Rappelons que les gais et lesbiennes, comme tout groupe identifiable, peuvent être l'objet de remarques, d'observations et d'opinions avec lesquelles ils ne se sentent pas parfaitement à l'aise. […] Lorsque […] les commentaires dénoncés « ne sont pas dirigés envers un groupe de personnes donné en raison de leur orientation sexuelle », lorsqu'il n'y a aucune description qui puisse offenser ce groupe et lorsqu'il s'agit uniquement d'une évaluation morale ou religieuse de pratiques, il est peu probable que lesdits commentaires soient trouvés abusivement ou excessivement discriminatoires.

Dans le dossier à l'étude, le Comité a conclu que « nulle part dans cet épisode peut-on identifier des commentaires discriminatoires au sujet de personnes d'un groupe identifiable qui aient pu être énoncés en raison de leur orientation sexuelle ».

On y discute l'homosexualité mais non les homosexuels et la discussion comporte des points de débat légitimes. La discussion, selon le Comité, n'entretenait pas « de préjugés envers les gais et lesbiennes », tel que le soutenait le plaignant; elle s'en est tenue loin, au contraire. Il ne s'agissait pas de « propagande haineuse », mais bien d'un point de vue sur un mode de vie, et non sur les adhérents. Il s'agissait d'une opinion religieuse conservatrice, opinion que ne partage pas les Comités du CCNR, si l'on se fie aux décisions nombreuses émises par eux depuis plusieurs années à ce chapitre. Néanmoins, il s'agit d'une opinion qui pouvait être librement affichée, dans les termes qui ont été utilisés pour traiter de la question.

Aussi le Conseil a-t-il conclu qu'il n'y avait pas, dans ce cas, infraction de l'article 2. Quant à l'équilibre qu'il faut assurer dans l'expression d'opinions sur une question controversée, le Conseil a souligné que :

Il n'y a aucun doute que l'émission remise ici en question a un point de vue particulier; spécifiquement, il est favorable à une vision du monde chrétienne. Ce qui ne signifie pas, cependant, qu'il n'a pas fait preuve d'équilibre dans la présentation de cette vision puisqu'il n'est pas obligatoire d'atteindre cet équilibre dans le cadre d'un seul épisode d'une émission.

En effet, la mise de l'avant d'un point de vue donné ne signifie pas forcément qu'une émission s'avère injuste et discriminatoire. Dans son évaluation de l'équilibre de la programmation d'ensemble de l'émission, le Comité a conclu :

Il ne fut pas suggéré, ailleurs dans sa programmation, que CFYI-AM n'offre pas l'équilibre nécessaire pour contrebalancer la perspective chrétienne conservatrice que propose Focus on the Family; or, voilà le cœur de la question. Ce discours conservateur ne devrait pas être pénalisé; au contraire, il contribue au même titre que d'autres discours à l'équilibre des points de vue. Si la discussion était devenue conflictuel, abusive ou prédatrice, le Comité serait sans doute arrivé à des conclusions différentes. Mais tel n'est pas le cas. Il n'y a pas d'infraction à ce chapitre.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radiotélévision (ACDIRT). Plus de 460 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu'il administre sont affichés sur son site Web, à www.ccnr.ca, où l'on a aussi accès à ses rapports annuels, à d'autres documents et renseignements pertinents, aux sites de ses membres et à d'autres sites d'intérêt. Pour plus de renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.