Une satire religieuse irrévérencieuse ne viole pas les codes, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 8 septembre 1999 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui deux décisions concernant Télévision Quatre Saisons (TQS). La première porte sur une émission humoristique, Dieu reçoit, connue pour la satire religieuse qui la caractérisait. Des téléspectateurs se sont plaints [traduction] « du contenu blasphématoire de l’émission ».

Le Conseil régional du Québec a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il n’a trouvé aucun manquement au Code.

[L]e Conseil considère que l'humour dans Dieu reçoit est indéniablement irrévérencieux, certainement impie et, probablement, de mauvais goût par moments. Il est familier et désinvolte quant à certaines pratiques catholiques traditionnelles, même en ce qui concerne l'apparence et la nature non-déifiées de Dieu. Du point de vue du Conseil, il n'est pas, cependant, en aucun moment, amer, méchant, dédaigneux ou haineux à l’égard du catholicisme et ne l’est certainement jamais à l’égard d’individus quant à leur appartenance religieuse.

Le Conseil a noté que TQS, après les deux premières émissions, a attribué une nouvelle case-horaire à l’émission afin de l’enlever de sur les ondes en début de soirée et ce, en réponse aux plaintes reçues. Le Conseil a également noté que l’émission, depuis, a été complètement retirée de la grille-horaire. C’est dans ces termes que le Conseil a commenté les actions de TQS :

[L]e CCNR a souvent observé qu'une décision d'un télédiffuseur de donner suite à une demande d'un auditeur est une marque de sa réceptivité à son marché et non l'admission d'une infraction à aucune norme de radiotélédiffusion. Même dans des circonstances, comme ici, où il n'est pas considéré qu'une émission ait dépassé les limites communément établies par les radiotélédiffuseurs, le télédiffuseur devrait déterminer s'il serait préférable que son émission soit modifiée ou retirée des ondes pour satisfaire aux goûts de son auditoire. Ceci n'ajoute rien et n'enlève rien au rôle du Conseil comme arbitre indépendant concernant les questions de soumission (ou de non-soumission) aux codes qu'il administre.

Dans une autre décision aujourd’hui rendue publique, le Conseil régional du Québec a trouvé que TQS avait enfreint les codes de radiotélédiffusion lorsqu’il a omis d’attribuer une cote de classification à une émission, conformément au Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision, et de présenter cette cote sous forme d’icône à l’écran. Une plainte a été reçue au sujet d’un épisode de Coroner, émission qui reconstitue les dossiers prétendument réels d’un coroner L’épisode en cause, diffusée à 19 h 30 reconstituait la mort d’un homme qui s’adonnait à des pratiques sado-masochistes. Le Conseil a trouvé que ni l’heure de diffusion, ni l’absence de mises en garde à l’auditoires, ni le contenu de l’émission n’étaient problématiques, puisque « la composante violente et sexuelle de l’épisode était suggérée, qu’elle n’était ni manifeste ni flagrante ».

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de la radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, d’un code portant sur les stéréotypes sexuels et d’un code portant sur la violence à la télévision et auxquels les membres doivent souscrire. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’autoréglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT), créé en 1970. Plus de 430 stations de radio et de télévision à travers le Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les hyperliens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles dans le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.